Alain Le Nabour

 

100 c vJ’aime reprendre à mon compte, j’avoue mon plagiat, les propos du critique Claude Roger-Marx commentant l’oeuvre du peintre Pierre Bonnard, et son acharnement insatiable à représenter son obsessionnel modèle : Marthe !

 

« A soixante quinze ans comme à vingt, face à la femme nue, petite fille malgré la plénitude de ses formes, c’est la même émotion, le même tremblement, le même amour pour le plus mystérieux des fruits, pour l’être incompréhensible et complémentaire ».

Rien ne saurait être plus démonstratif que ces quelques mots justes pour décrire l’élan, moteur de mon travail. L’unité graphique de celui-ci est régie, telle l’architecture indépendamment de son échelle, par la stricte observation de l’agencement des volumes sous la lumière. Qu’il s’agisse d’un organisme prêt à donner la vie, du soulèvement d’une jupe printanière, de la beauté non conformiste de corps au vécu perceptible tout autant que la chair vampirisée par le  mal pernicieux, l’allusion est quelquefois suggérée par la mise en scène de fruits eusomphaliens, hypertrophiés ou décatis, de cadres improbables, papiers déchirés et recompositions pour  protéger et mettre en exergue les anatomies généreusement prêtées par mes modèles ; soif de voir et de montrer l’indicible et pudeur à l’exhiber. Décidemment l’humain est paradoxal. Tout cela, émaillé de titres au parti pris intentionnellement facétieux, constitue ce que je nomme « mon cabinet de curiosités sensuelles et avatars divers ». Je souhaite que votre plaisir soit à la hauteur de mon attente.

Alain LE NABOUR

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